APPROCHE D'UNE TECHNIQUE D'ACCORDAGE DE LA VIELLE.
Cette page
existait sur mon site originel. Je la maintiens , on m'en a
souvent dit du bien pour l'aide qu'elle peut fournir. C'est
d'avantage une base de réflexion qu'un livre de
recette.
I.Rappel
historique
A
l'origine la vielle ne comportait pas de dispositif rythmique.
L'organistrum d'église puis la chifonie des trouvères
et des ménestrels se trouvaient donc réduits à
des instruments sur lesquels l'articulation devait être
malaisée à réaliser le son produit par
l'archet-roue ne s'arrête en principe pas . On peut penser que
ces musiciens avaient développé , comme sur la
cornemuse, tout une technique d'appogiatures permettant de mieux
exprimer l'articulation de la mélodie. Les vielles actuelles
ne sont pourtant pas toutes dotées d'un dispositif rythmique
notamment celles d'Ukraine, uniquement entre les mains des aveugles
mendiants, perpétuant l'antique tradition
déjà illustrée en France au
XVIIème siècle par
le peintre lorrain Georges de la Tour. Cette rythmique vit le jour
dit-on au XIVème siècle. La
corde qui le reçoit est nommée trompette en
référence à l'instrument sur lequel existait
déjà un pareil dispositif : la trompette marine.
La
vielle du Moyen-âge devint après l'invention du
dispositif apte à jouer la mélodie , son accompagnement
( bourdons ) et son accompagnement rythmique (chien) ,
particularités qu'elle ne partage qu'avec l'orgue
électronique .
Elle
devenait bien sûr un instrument à faire danser.
Elle
devenait surtout , avec tous ses perfectionnements , un instrument
particulièrement difficile à régler et mettre au
point . Les quelques lignes qui suivent n'ont pas pour objet
d'établir une vérité absolue en la
matière , d'ailleurs existe t'elle , mais plutôt de
suggérer quelques pistes dictées par 25 ans de pratique
à l'Amateur qui me fera l'honneur de lire cette page
.
1. Les harmoniques
:
lire ce tableau à partir du bas
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idem
petit
bourdon
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idem
mouche
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idem
trompette
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idem
gros bourdon en
sol
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dernière note sol3
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SOL
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SOL
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SOL
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FA
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FA
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MI
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MI
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RE
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RE
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do2
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DO
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DO
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DO
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DO
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SI
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SI
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SI
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SIb
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SIb
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LA
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LA
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sol2
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SOL
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SOL
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SOL
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SOL
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SOL
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FA
dièse
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FA
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MI
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MI
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RE
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RE
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RE
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do1
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DO
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DO
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DO
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SIb
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SI
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chanterelle à vide
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SOL
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SOL
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SOL
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SOL
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mi
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ré
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trompette
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do
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do
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harmoniques de la
trompette en DO
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*
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mouche
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sol
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harmoniques de la
mouche en SOL
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*
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sol
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petit bourdon
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do
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harmoniques du
petit bourdon en DO
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*
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*
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*
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repères par rapport au nom
des bourdons ou des notes du clavier
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harmoniques du
gros bourdon en DO
en rouge les
notes communes avec le clavier ou les autres bourdons
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*
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*
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alternative
harmoniques du
gros bourdon en sol
|
Que sont les harmoniques ?
Une note isolée est
constituée d'un son de base et possède en plus
des harmoniques naturels qui sont des notes "annexes" assez
difficilement audibles et émises en même temps que le
son de base (dit fondamental) et qui se suivent dans l'espace
acoustique dans un ordre bien précis . Cet ordre
d'émission est relatif au fondamental dont il
représente autant de quotients mathématiques immuables
et constants dictés par les lois de l'acoustique .
Transposé à la vielle (en do), cela donne le tableau
ci-dessus à lire à partir du bas : chaque bourdon
occupe la base d'une colonne et ses harmoniques
s'élèvent dans la colonne. On lira à gauche
à quelle note représentative soit d'un bourdon,
soit d'une note du clavier, chaque harmonique
correspond.
On comprend mieux le principe sonore des
instruments à bourdons. Outre leur rôle d'
accompagnateurs , les bourdons ont un rôle d'amplificateurs .
Le chien a lui aussi un double rôle de soutien rythmique et de
résonateur et plus encore qu'un autre bourdon pour deux
raisons : la corde trompette est un bourdon mais un bourdon instable
qui développe à chaque impulsion une quantité
démultipliée d'harmoniques .
C'est un gros
bourdon en DO qui renforce le plus la mélodie et dans sa
portion la plus courante . C'est lui qui assurera la meilleure
"brillance" de l'instrument . C'est pourtant celui que l'on utilise
le moins (et qui est aussi assez difficile à accorder de
façon durable).
Imaginons maintenant que nous changions notre note de
bourdon DO (notre fondamental) , pour un Ré par exemple .
Certaines notes montreront alors une différence
désagréable par rapport à l'idée que
l'oreille attendait . Elles ne coïncident plus avec les
harmoniques naturels du son Ré . C'est aussi ce qui fait que ,
dans les débuts , même sans avoir changé son
accord , l'on a souvent l'impression que la vielle s'est
désaccordée alors que l'on a seulement , au cours du
morceau , exploré une modulation sur un autre ton et que
l'oreille attendait une autre valeur "juste" .
Et que
dire quand on joue avec un accordéon ou autre instrument
à clavier , apte à jouer dans toutes les
tonalités en somme , un tel instrument , suivant l'harmonie de
sa main gauche , change de fondamental au cours du morceau : nous
aurons l'impression de jouer faux .
Là s'impose un choix précis entre deux
options :
-
-
Soit vous accordez votre clavier de vielle avec un accordeur
électronique , selon ce qu'on appelle un tempérament
égal . Cet accord part du principe que la gamme se divise
en 12 demi-tons rigoureusement égaux et le compromis ainsi
réalisé fera que vous jouerez parfaitement juste en
accompagnement d'un accordéon par exemple (normal, c'est
comme ça qu'il est lui-même accordé) (mieux
vaut alors ne pas utiliser de bourdon , juste la trompette) mais
d'une façon beaucoup plus décevante en solo sur les
bourdons( votre gamme ne sera plus la gamme juste de votre bourdon
Do , vous penserez ce jour là que votre vielle ne "sonne"
pas ) .
-
-Soit
vous accordez votre vielle , à l'oreille , sur le bourdon ,
en solo ce sera parfait ( à condition qu'il n'y ait pas de
modulations trop éloignée dans votre morceau) mais
avec un instrument à clavier ou si vous avez une vielle
dotée de capodastres multiples, ça n'ira pas
vraiment . Là est affaire de goût et d'utilisation .
Restons modeste
face à ce problème, il a de tous temps
préoccupé les plus grands musiciens.
2 .
L'accord du clavier :
Zarlino
en 1558 assure la justesse aux seuls accords majeurs et mineurs les
plus utilisés : do , fa et sol . Cette solution me semble un
intéressant compromis , on accorde d'oreille ou à
l'accordeur par intervalles : quintes , tierces et octaves ;
tranposé à la vielle , cela donne à peu
près ceci , on pourra comparer avec ce que préconisait
Michel Corrette dans sa méthode de 1763 . Pour une meilleure
compréhension, j'ai numéroté les notes par
rapport au clavier de la vielle sol 1 = sol à vide , la 1 , si
1 ,etc. jusqu'au sol 2 , la 2 , si 2 , etc. du milieu du clavier
jusqu'au sol 3 dernière touche .
|
Zarlini XVIème
siècle
|
Corrette XVIIIème
siècle
|
- -
accorder la trompette au DO .
- - Accorder les deux Do1 et 2 sur
l'octave et double octave de la trompette
- -
débrayer la trompette .
- Do(de
la trompette)-Sol1 , puis Sol1-Ré1 .
- -
accorder les quintes justes Fa1-Do2 puis le Fa2 aigu
.
- -Accorder les Sol2 et 3 sur l'octave et
le double octave juste de la note à vide. puis le
Ré2 sur l'octave du Ré1.
- -
puis les tierces majeures justes (Fa1-La2) puis le La1
grave à l'octave du La 2
- Sol1-Si1 , Do1-Mi1 , Sol2-Si2 .
- Accorder le Mi2 aigu à l'octave du
Mi1 .
- -
puis les tierces mineures justes (Fa1-Lab2) , Lab1 grave
à l'octave du 2
- Sol1-Sib1 , Do1-Mib1 , Sol2-Sib2 ,
Do2-Mib2 .
- - les
deux Do dièse 1 et 2 et le Fa dièse1 comme
vous pouvez ( tous les compromis d'accord s'étant
reportées sur elles) .
- Si
vous avez bien travaillé, vous avez touché
à tous vos sautereaux sauf le Fa/Fa dièse
que vous accorderez à l'octave du
degré souhaité .
|
- - accorder la trompette au DO
- -DO trompette - Sol1 à vide
- -DO trompette -Do1- Do2
- -débrayer la trompette (les
quintes sont faibles , entendre la note la plus
aigüe recherchée est plus grave que ce que
l'oreille attend)
- -Do1-Sol2
- -Sol1-Ré1
- -Ré1-La2
- -La2-La1
- -La1-Mi2
- (les quintes suivantes sont un peu moins
faibles , entendre plus justes)
- -Mi1-Si2
- -Si2-Si1
- -Si1-Fadièse1
- -Fadièse1-Dodièse2
- -DoDièse2-Dodièse1
- (les quintes descendantes suivantes sont
fortes, entendre , la seconde note la plus grave
recherchée est plus grave que ce que l'oreille
attend)
- -Do2-Fa1
- -Fa1-Sib1
- -Sib1-Sib2
- -Sib2-Mib1
- -Mib1-Lab1
- et on termine par une dérie
d'octaves :
- -Lab1-Lab2
- -Ré1-Ré2
- -Mi1-Mi2
- -Fa1-Fa2
- -Sol2-Sol3
- -Mib1-Mib2
|
-Enfin, si vous ne jouez que de la musique
médiévale , il conviendrait d'appliquer un autre
système , dit pythagoricien . Il n'y a pas de compromis ,
toutes les quintes sont justes , donc toutes les tierces sont fausses
.
III. le chien ou traquet ou cigalon
Plusieurs facteurs vont
influencer tant la qualité de l'effet qu'il produira sur le
son général de la vielle que son bon
fonctionnement.
1 qualité du
son
a) sa forme : en
très résumé , deux options possibles . Soit vous
prévoyez que la corde reposera sur le "pied" lui même
(fig.1) , soit en dehors(fig.2) .

Dans le premier cas vous
aurez un son fin et précis . C'est agréable au jeu
.L'inconvénient est que ça marque parfois trop
nettement et a une tendance à saturer le son des chanterelles
dans les coups traînés . Dans le second cas , vous aurez
un son plus "gras" . Ca couvre moins le son des chanterelles ,
ça englobe la musique dans une espèce de flou
artistique souvent judicieux , l'inconvénient est justement
que ça manque de précision et qu'on aimerait parfois
des staccatis plus marqués qu'il ne peut produire .
Pour ma
part , j'ai fait des centaines de chiens oscillant entre ces deux
tendances ( et d'autres aussi ) et je n'ai jamais réussi
à trouver "l'outil" franchement idéal qui
présenterait les avantages des deux versions ci-dessus
présentées .
b) la
corde : après vous être prononcé pour une forme
de chien , vous déciderez peut-être de changer la
section de la corde elle même .
Toujours en résumé , les sections
envisageables vont de 80/100èmes à 130/100èmes ,
la norme étant de 100/100èmes . Les avantages d'une
corde fine sont une plus grande douceur du percuté et une
chanterelle qui prédomine largement la musique . Ses
inconvénients , une plus grande difficulté à
s'accorder , le son Do "sort" évidemment bien moins (sauf si
on prend l'habitude de d'abord accorder la trompette puis la
chanterelle) . Nous avons vu que la bonne résonance de la
vielle dépend de la qualité de cet accord de par la
consonance sur les harmoniques . Bien sûr , si on utilise une
corde plus grosse , l'accord se trouvera facilité et plus
précis . La vielle se trouvera plus forte de par la force de
la trompette elle-même et de par la meilleure consonance
chanterelle-trompette . Là réside aussi le principal
inconvénient , le Do de la trompette devient par trop
omniprésent dans le mélodie et ne sait pas se faire
oublier sur les dissonances de neuvième (Do-Ré) par
exemple .
La
musique baroque pour vielle utilise souvent des cordes fines pour
obtenir des sons où on oubliera au maximum la présence
d'un bourdon pour ne garder que la percussion ( était-ce bien
là la finalité de l'emploi de pareils instruments
à l'époque ? ) ; en parallèle , Louis Jules ,
célèbre vielleux morvandiau utilisait des cordes boyau
de violoncelle qui lui assuraient une rythmique indiscutable à
la danse (imitant vraisemblablement en cela le jeu du
légendaire Tienne de la Barrée).
Quel
choix opérer ? Cela dépendra surtout de l'utilisation
habituelle qu'on a de l'instrument . Un jeu en extérieur
appellera une corde plus forte , en intérieur , plus fine .
Dans une église, la corde peut atteindre les sections les plus
fortes .
On peut
aussi faire tendre l'utilisation d'une corde fine avec le chien de
forme 1 et d'une corde plus épaisse avec un chien de forme 2 .
Mais entre les deux extrêmes toutes les combinaisons et une
multitude de degrés que seule l'expérience peut
départager existent .
En
résumé , j'avouerai que j'ai toujours eu un faible pour
les percussions bien marquées . L'idéal serait de
trouver un chien qui attaque la note mais qui la laisse sonner sans
la couvrir pendant sa durée . Ce phénomène
s'obtient plus facilement avec une grosse corde ( mais avec un chien
de forme 2) . Veillez tout de même à ce qu'on ne
perçoive plus de votre musique que la percussion , cela sous
entend que le tirant de réglage du chien sera un peu
détendu mais aussi que l'émission des coups de
poignée sera moins aisée .
2.
Quelques sujets de réflexion pour le bon fonctionnement :
Quoique
l'on m'ait toujours appris que le pied du chien devait être
parfaitement plat sur la table , je m'en suis toujours
préoccupé comme d'une guigne et j'aimerais rencontrer
quelqu'un qui puisse m'expliquer quelle importance cela a . Au
contraire , je pousse la provocation jusqu'à user les bords du
pied en arrondi pour que sa surface de contact avec la table soit
amoindrie tout en conservant le même poids au chien ...à
essayer ...
Pour
améliorer la réponse et la qualité du chien , un
truc consisterait à frotter la surface frappante du pied avec
de la colophane...à essayer ...
Dans la
forme générale de la bête , essayer de ne pas
faire un épaulement trop large , la base de ce qui
empêche le chien de rentrer dans la fente du chevalet
n'excédera pas la largeur du pied soit environ de 2 à 3
mm ...à essayer...
ET
ENFIN , vous devrez prendre garde à un dernier
désagrément fréquent sur les vielles et auquel
on ne prête pas automatiquement attention : la trompette a
tendance à descendre de note quand on donne le coup de
poignée , de très peu mais suffisamment pour nuire
à l'accord général de votre instrument tel que
nous l'avons défini plus haut . Dans ce cas , il vaut mieux
trouver un autre chien , souvent cela provient de l'emplacement de
l'encoche . Il conviendrait également de revoir la hauteur du
chien par rapport à la hauteur de l'encoche de l'oreille
ET ENFIN, ENFIN, il
reste un paramètre essentiel dont nous n'avons pas
parlé, l'essence du bois utilisé pour la fabrication du
chien, et alors là, alors là... le débat est
lancé........
.
IV. les chanterelles ?
Le
luthier Jean Claude Boudet dit toujours deux chanterelles à
l'unisson par rapport à une seule, c'est un gain de 100%
: 20% de sonorité et 80% d' "em...bêtements"
.
Est-ce
pour celà que beaucoup de vielles du XVIIIème
siècle ne comportent qu'une chanterelle . Les luthiers de
Jenzat semblent présenter sur leur catalogue les vielles
à "deux jeux" comme n'étant pas obligatoirement la
règle de l'espèce .
Plus
anciennement, les chifonies et vielles comportaient bien deux ou
trois chanterelles mais pour faire entendre un intervalle de quinte
ou d'octave ou les deux . Il semblerait alors qu'initialement, la
présence de plusieurs chanterelles se concevait comme un
registre et non prioritairement un dispositif destiné à
augmenter la puissance de l'instrument .
Une
seule chanterelle sera la meilleure solution pour le débutant
comme pour le confirmé . Le débutant ne perdra plus son
temps à ajuster les deux sons ensemble ce qui n'est
pratiquement pas possible dans le temps, les cotons s'amoindrissent ,
les cordes se détendent , tel sautereau appuiera plus fort sur
telle corde que son voisin ne le fait , bref une quantité
impressionnante de facteurs feront que l'accord sera sans cesse
à revoir.
Le
confirmé découvrira que l'emploi d'une seule
chanterelle lui permet d'améliorer la justesse à la
pression du doigt , d'agrémenter sa musique de vibrato sur les
notes tenues , un peu comme au violon .
Eventuellement , on reverra à la hausse
l'appui de la chanterelle sur la roue ( pas trop tout de même )
ce qui diminuera encore les différences déjà peu
sensibles de niveau sonore .